La touchante lettre du jeune résistant Henri Fertet : « Dans la vie, il faut savoir cueillir le bonheur »

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Henri Fertet

À l’occasion du 75ème anniversaire du débarquement, nous vous invitons à lire les mots d’un jeune homme de 16 ans qui a été fusillé au côté de quinze de ses camarades le 26 septembre 1943 à la citadelle de Besançon (Doubs). Dans une lettre adressée à ses parents juste avant son exécution, Henri Fertet a témoigné d’un immense courage et d’une espérance plus forte que sa mort prochaine.

« Chers Parents,
Ma lettre va vous causer une grande peine, mais je vous ai vus si pleins de courage que, je n’en doute pas, vous voudrez encore le garder, ne serait-ce que par amour pour moi.

Vous ne pouvez savoir ce que moralement j’ai souffert dans ma cellule, ce que j’ai souffert de ne plus vous voir, de ne plus sentir peser sur moi votre tendre sollicitude que de loin. Pendant ces 87 jours de cellule, votre amour m’a manqué plus que vos colis, et souvent je vous ai demandé de me pardonner le mal que je vous ai fait, tout le mal que je vous ai fait.

Vous ne pouvez vous douter de ce que je vous aime aujourd’hui car, avant, je vous aimais plutôt par routine, mais maintenant je comprends tout ce que vous avez fait pour moi et je crois être arrivé à l’amour filial véritable, au vrai amour filial.

Je meurs pour ma Patrie. Je veux une France libre et des Français heureux. Non pas une France orgueilleuse, première nation du monde, mais une France travailleuse, laborieuse et honnête. Que les Français soient heureux, voila l’essentiel. Dans la vie, il faut savoir cueillir le bonheur.

Pour moi, ne vous faites pas de soucis. Je garde mon courage et ma belle humeur jusqu’au bout, et je chanterai « Sambre et Meuse » parce que c’est toi, ma chère petite maman, qui me l’as apprise.

Les soldats viennent me chercher. Je hâte le pas. Mon écriture est peut-être tremblée ; mais c’est parce que j’ai un petit crayon. Je n’ai pas peur de la mort ; j’ai la conscience tellement tranquille.

Papa, je t’en supplie, prie. Songe que, si je meurs, c’est pour mon bien. Quelle mort sera plus honorable pour moi que celle-là ? Je meurs volontairement pour ma Patrie.

Nous nous retrouverons tous les quatre, bientôt au Ciel. Qu’est-ce que cent ans ? Maman, rappelle-toi :
“Et ces vengeurs auront de nouveaux défenseurs
qui, après leur mort, auront des successeurs.”

Adieu, la mort m’appelle. Je ne veux ni bandeau, ni être attaché. Je vous embrasse tous. C’est dur quand même de mourir.

Mille baisers. Vive la France.

Un condamné à mort de 16 ans
Henri Fertet
Au Ciel, près de Dieu. »

 

Commentaires  

#1 Pascale 07-06-2019 14:30
Mon Dieu que c'est beau ! Sainte Rita, c'est ce que je voudrais dire à mes enfants qui se sont disputés. Je ne sais pas comment les réconcilier, que c'est lourd à porter. Aide-moi, intercède auprès du Seigneur. Merci Sainte Rita.
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