Homélie de Mgr Bernard Barsi, archevêque du diocèse de Monaco

mgr bernard barsi 22 mai 2018

Au surlendemain de la Pentecôte où nous avons célébré la venue de l’Esprit Saint sur les disciples, nous avons découvert que l’Esprit de Dieu a fait des Apôtres de Jésus, des hommes nouveaux qui n’ont plus peur d’annoncer la mort et la résurrection de Jésus. Des hommes nouveaux capables de s’engager dans la mission de l’Eglise. Oui, à la Pentecôte, nous avons vu l’Esprit à l’œuvre dans le monde et nous avons rendu grâce à Dieu.

Ce matin, en ce 22 mai, nous contemplons encore les fruits de l’Esprit en la personne de Sainte Rita de Cascia. Dans sa vie comme dans sa mort, cette femme a marché sous la conduite de l’Esprit Saint. Elle a rendu gloire à Dieu, en portant ces fruits de l’Esprit que Saint Paul évoquait dans sa lettre aux Galates : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi » (Ga 5, 22-23).

Margherita (avec le diminutif de Rita) a vécu à la fin du XIVe et au début du XVe siècle. C’est une fille de l’Ombrie, cette terre d’Italie qui a donné tant de grands saints à l’Eglise : Saint François d’Assise, Sainte Claire, Saint Benoît, Sainte Scholastique, Sainte Angèle de Foligno. Dans sa jeunesse, elle a baigné dans un climat d’amour de Dieu et des autres. Elle saura maintenir sa confiance au Seigneur malgré les terribles malheurs qui vont s’abattre sur elle : on la contraint à épouser un homme dur qui sera assassiné. Ses deux garçons emplis de haine envers l’assassin de leur père voudront le venger. Rita cherchera à les dissuader et à les conduire sur la voie du pardon. Ils mourront peu de temps après s’être réconciliés avec Dieu et leur mère.

Voilà Rita, veuve, sans enfant, elle veut entrer au monastère des religieuses Augustines de Cascia qu’elle connaît bien, mais elle est éconduite, l’Ordre religieux interdit de recevoir une veuve, mais là n’est pas la vraie raison. En fait, les sœurs craignent d’être mêlées de près ou de loin aux représailles de la famille de l’époux de Rita qui recherchent toujours les meurtriers pour leur faire payer leur crime. Finalement Rita, avec ténacité et prière, va obtenir la difficile réconciliation entre les deux familles ennemies. A 36 ans, elle peut donc entrer au monastère. Elle y restera 40 ans, où elle se consacrera à la prière et au service des plus pauvres. Désirant s’associer aux souffrances du Christ, elle fut stigmatisée et porta à son front une plaie incurable, comme la marque d’une épine de la couronne de Jésus.
Au moment de sa mort, Rita demanda à sa cousine d’aller lui cueillir une rose. Depuis, cette fleur est devenue le signe des grâces que Dieu continue de répandre par l’intercession de notre sainte…

Quand on évoque la vie de sainte Rita, nous sommes stupéfaits par les douleurs qu’elle a endurées dans son âme et dans sa chair. Ses projets de vie sont bafoués, son mariage est un désastre mais elle reste fidèle, son mari est assassiné, ses enfants enracinés dans un esprit de vendetta, ils meurent jeunes emportés par la maladie, elle vit dans un climat de violence inouïe, elle se retrouve seule au milieu des querelles familiales, les religieuses ne veulent pas d’elle, et pourtant « ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi » (1 Co 1). Rita a toujours gardé confiance dans le Seigneur, forte de sa foi elle a tenu bon, les épreuves n’ont pu éteindre l’amour de Dieu qui était dans son cœur, c’est pourquoi elle est devenue la sainte patronne des causes désespérées et des choses impossibles.

La sainteté de Rita, l’héroïcité de ses vertus paraissent inaccessibles à la plupart d’entre nous. Nous l’admirons sans pouvoir l’imiter et pourtant Dieu nous appellent tous à la sainteté. Ecoutons l’Apôtre Pierre : « A l’exemple du Dieu saint qui vous a appelés, devenez saints, vous aussi, dans toute vote conduite, parce qu’il est écrit : Vous serez saints, car moi, je suis saint » (1 P 1, 15).

Le 19 mars dernier, le Pape François, le successeur de l’Apôtre Pierre a adressé à l’Eglise universelle, une exhortation apostolique, un même appel à la sainteté dans le monde actuel. Ce très beau texte du Saint-Père nous dit que Dieu veut que nous soyons saints car le Seigneur n’attend pas de nous que nous ayons une existence médiocre, le Seigneur veut que notre vie soit remplie d’amour et de joie. Comment parvenir à la sainteté ? Un évêque vietnamien emprisonné pour sa foi au Christ Jésus nous a donné une réponse : être saint, c’est accomplir les actes ordinaires de la vie de façon extraordinaire. Et le Pape dans son exhortation nous livre quelques exemples concrets et simples : « Cette sainteté à laquelle le Seigneur nous appelle grandira par des petits gestes. La dame qui va au marché et qui en parlant avec sa voisine refuse de critiquer et de dire du mal des autres. La maman fatiguée qui rentre du travail et qui en rentrant à la maison prend le temps d’écouter avec patience et affection son enfant. La personne qui se souvient de l’amour de la Vierge Marie, prend le temps de prier le chapelet, l’autre qui dans la rue s’arrête pour rencontrer un pauvre. Voilà des gestes qui nous mettent sur la route de la sainteté. Rappelons-nous la parabole de Jésus et sa conclusion : « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton Seigneur » (Mt 25, 21). Relever les défis du quotidien, nous permettra de relever, comme sainte Rita, les grands défis qui peuvent se présenter à nous.

La sainteté se vit au quotidien, dans nos familles, sur nos lieux de travail ou de loisirs, partout nous sommes appelés à nous laisser conduire par l’Esprit Saint, nous sommes invités à laisser la grâce de notre baptême porter du fruit en nous en chacun de nous.
Le Pape indique que le véritable chemin de la sainteté, c’est la pratique journalière de l’évangile des Béatitudes : aimer Dieu de tout son cœur, pardonner, servir les plus petits et les plus pauvres, construire la paix, pratiquer la justice et le partage, accueillir l’étranger, visiter le malade, témoigner de sa foi dans le monde. Etre saint, c’est placer Dieu et les autres au centre de sa vie, c’est accomplir les actes ordinaires de la vie de façon extraordinaire.
La sainteté, nous ne la trouvons pas en accumulant des actions caritatives ou en multipliant les prières. Rita s’en est remis totalement au Seigneur car la sainteté c’est une grâce que Dieu nous donne : « sans moi, vous ne pouvez rien faire », nous dit Jésus. Cette grâce, nous l’accueillons et la développons par communion avec le Dieu Trois fois saint. La lecture et la méditation de la Parole de Dieu nous fait découvrir l’amour et la volonté de Dieu sur nous et sur le monde… Combien parmi nous possède une Bible ou le livre des évangiles ? Combien ouvre régulièrement leur Bible pour méditer la Parole de Dieu ?

La communion avec Dieu nous la renforçons dans les sacrements de l’Eglise : la messe du dimanche et le sacrement de la réconciliation, c’est-à-dire la confession de nos péchés. Sainte Rita était une femme de prière. Elle savait écouter Dieu et lui parler. Elle prenait des temps de silence pour le louer et l’adorer. Enfin, la sainteté se réalise avec et dans l’Eglise. Dans nos paroisses et mouvements chrétiens, ces communautés d’hommes et de femmes désireux d’être des disciples-missionnaires de Jésus. Ensemble, annoncent et proclament l’Evangile à tous les hommes, spécialement ceux qui sont loin de Jésus non par la distance géographique mais dont le cœur est loin de Lui.

Frères et sœurs, nous avons besoin de la force de Dieu pour vivre dans la sainteté, car le mal, le péché cherchent à nous détourner de notre vocation. L’Apôtre Pierre nous met en garde : « Veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui avec la force de la foi » (1 P 5, 8-9).

En ce jour de joie et de fête, demandons à Sainte Rita de Cascia de promouvoir en nous le désir de sainteté. Avec la force de sa foi, elle a résisté au mal.
Avec Sainte Rita, avec la Vierge Marie la sainte parmi les saints, avec tous les saints du ciel qui constituent cette foule innombrable que nul ne peut dénombrer, aidons-nous à devenir saints. Alors nous partagerons éternellement le bonheur et la gloire de Dieu notre Père.

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