Prier au conditionnel

Paul Valery

Les derniers moments de Paul Valéry

Paul Valéry était très intelligent mais il était athée, ce qui, en fait, est rare. Or, Paul Valéry a eu un cancer et a été hospitalisé dans une clinique tenue par des religieuses. On a nommé pour s’occuper de lui la nuit une religieuse, médecin de profession. Cette femme, athée au départ, s’était convertie et elle était devenue religieuse.

Par charité, on avait donné cette infirmière à Paul Valéry. Il savait l’histoire de cette religieuse, et qui elle avait été autrefois.
Un soir, il lui dit : « Ma sœur, je voudrais vous poser cette question : pourquoi vous êtes-vous faites religieuse ? ». Elle a “raté” sa réponse, elle a dit : « C’est pour mieux rendre service aux autres ». C’était vrai, mais ce n’était pas le fond. Valéry l’a regardée avec ses grands yeux, et elle a compris qu’il fallait aller plus loin.
Alors elle ajouta : « Par amour, par amour de Dieu et par amour des autres ». Et Valéry de lui dire : « Vous avez très bien fait ».

La nuit suivante, il a été très mal et il a dit à la religieuse : « Je vais mourir et je le sais. J’ai peur, je ne sais pas ce qu’il y a derrière ». Alors la sœur lui a dit : « Il ne serait pas contraire à l’honnêteté à laquelle vous avez tenu toute votre vie de prier au conditionnel ».
Il n’a pas compris. Elle le lui a expliqué en disant : « Vous pouvez dire : Mon Dieu si vous existez, aidez-moi. Si vous existez, manifestez-vous à moi ». Il a accepté.
La nuit suivante, il a été très malade et on a cru qu’il allait mourir. La religieuse lui tenait la main et priait à voix basse. Elle avait l’impression qu’il était très réceptif à ce qu’elle disait, mais il n’est pas mort cette nuit-là.

Est arrivée la dernière nuit. Il a très bien senti qu’il allait mourir, il a demandé qu’on le redresse sur ses oreillers, qu’on lui donne son carnet de notes personnelles et un crayon.
Il a écrit ceci : « Pour la première fois, avec le Christ le nom de Dieu a été associé au mot amour ». Là-dessus, la mine du crayon a cassé ; il a demandé un autre crayon. Alors sa femme lui a dit : « Tu continueras demain ». Et il a répondu : « Non, parce que demain ne sera pas. Donne-moi un autre crayon ».
Il a écrit : « Christ = Amour », et il est mort. Il avait tout compris !

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